Markdown : Le Futur de l'Écriture

remington

En cours d’étude pour migrer sérieusement vers Jekyll, parti en séance d’essais de quelques éditeurs de texte pour écrire en Markdown. Cet article original de Robby Ingebretsen publié le m’a bien éclairé sur ce langage. Comme à l’habitude, seul le lien original fait référence.

Si vous désirez écrire sérieusement, alors il est temps d’envisager sérieusement Markdown. Sinon, continuez à utiliser WordPerfect.

Allons droit au but : par écriture, j’entends une écriture réfléchie, pensée et structurée. Le type d’écriture qui vous fait fonctionner le cerveau : courriel argumenté, business plan, lettre d’amour, article, etc. Je ne pense pas avoir oublié comment faire. Les formats de communication longs semblent revenir en force et nous pouvons remercier la technologie. Le mouvement a démarré avec les imprimantes laser, puis WordPerfect devenu Word qui est devenu WordPress. Mais poursuivons : ces évolutions nous ont peut-être aidés à devenir de meilleurs éditeurs mais pas forcément de meilleurs auteurs. Vous voulez un crénage précis ? Vous l’avez ! Vous vous souciez de savoir combien de personnes lisent vos notes sur votre dernier voyage en Syrie. Aucun problème ! L’écriture revient peut-être dans les cahiers de tendance, mais la publication a explosé !

Cette priorité donnée à la forme qui l’emporte sur le contenu pourrait être malheureusement notre voie et elle a délaissé les auteurs sérieux en quête de simplicité. La dernière moitié de la décennie a donné naissance à un tout un tas de nouveaux outils focalisés sur le truc qui manquait (l’écriture dans l’écriture). Et l’une de ces innovations est Markdown. Si la plus grande avancée dans les véritables technologies d’écriture a été la machine à écrire, je pense que Markdown pourrait être la suivante. Note : peu à l’aise avec Markdown ? Il y a un aperçu de 30 secondes à la fin de ce post. Vous pourriez zapper directement avant de revenir plus tard ici.

Pourquoi Markdown est Important ?

Avant de poursuivre, mettons-nous une image en tête. Si vous produisez un peu d’écriture sérieuse en Markdown, vous le faites dans une application conçue pour Markdown (et il en existe un paquet). Par conséquent, lorsque vous imaginez écrire en Markdown, vous avez besoin de visualiser un environnement où Markdown a du sens. Vous n’êtes pas dans un éditeur de code et vous n’êtes pas dans Word. Vous utilisez probablement quelque chose qui ressemble à ça :

Aperçu de fenêtre d'édition Markdown dans Byword« Aperçu de fenêtre d’édition Markdown dans Byword »

Maintenant que vous avez ça en tête, être amoureux de Markdown ne peut pas se réduire à : Markdown vous permet de penser à ce que vous écrivez au lieu de penser à quoi ça ressemble.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Vous devriez vous soucier de la forme de vos documents, mais faire ça après l’écriture et non pas pendant. En fait, tout le temps que vous passez à penser à l’indentation des listes ou d’espaces entre les paragraphes pendant que vous êtes supposé écrire, est tout bonnement du temps que vous ne passez pas à écrire. Et cela tue probablement votre flow tout en vous dupant sur le fait de vous sentir productif.

D’un autre côté, Markdown vous permet de saisir les aspects qui ont le plus de sens sur la mise en forme (par ex. mettre ça en gras parce que c’est important) sans vous soucier de la présentation. Vous restez concentré sur les idées, et pas sur la mise en forme.

Markdown est volontairement très simple, ainsi les petites astuces de mise en forme qui sont à votre disposition sont limitées : gras, italique, listes, liens images, notes de base de page et citations. C’est tout. Ceci pourrait vous sembler barbant si vous êtes habitué à des dizaines de styles de textes, aux choix infinis de fontes, aux marges de page sans oublier le « smart art, » mais ces trucs pourront venir plus tard. À ce stade, vous êtes en train d’écrire.

Plus important encore, vous accrocher aux fondamentaux veut dire que vous produisez un document bien plus universel, un document qui pourra être restitué n’importe où, dans n’importe quel format. Paul Soder pense que c’est important. Le troisième point dans sa liste de suggestions pour créer du contenu web en-phase-avec-l’avenir :

Designez en priorité pour les sites scrapers. Pas de fontes, pas d’en-têtes, pas de slideshows, pas de boutons. À quoi ressemble le contenu dans Instapaper ? Designez avec cette vision. Prenez conscience que vous n’aurez plus le contrôle de cette vue.

Une Minute, Est-Ce-Que Mardown Ne Serait Pas Réservé Aux Geeks ?

Oui. Ev Williams (le co-fondateur de Blogger puis de Twitter-un type qui rêve de notre futur de l’écriture) est d’accord sur ce point. Il ne pense pas que les gens soient prêts pour le Markdown (au moins à cette heure). Et il a opté pour une approche intermédiaire solide avec medium.com en limitant la mise en forme à un ensemble presque équivalent des options supportées par Markdown. Mais avec une approche bien plus visuelle. Voici votre barre d’outils medium.com :

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Je la donnerai à ces types. Ceci pourrait être bien plus acceptable pour beaucoup de gens. Mais pour les auteurs sérieux, ce n’est pas nécessaire. Markdown est facile et les auteurs sont intelligents. Je pense que nous pouvons laisser tomber la barre d’outils… peut-être pas aujourd’hui, mais bientôt.

Premièrement, nous avons de moins en moins peur des mini-langages intégrés. Nous utilisons des hashtags et des émoticônes sans hésitation. Markdown n’est pas un grand pas en avant. C’est encore plus vrai pour mes gosses que pour ma mère, mais nous parlons ici de l’avenir.

Deuxièmement, Markdown est facile à apprendre. Super-facile. En fait, si vous êtes habitué à n’importe quel type d’écriture en texte (même des messages texto), vous connaissez déjà l’une des conventions de markdown : placer des numéros ou tirets au début d’une phrase crée une liste, des astérisques autour d’un mot crée de l’emphase, etc. Vous pouvez apprendre les bases en cinq minutes, et cela deviendra naturel au bout de trente minutes.

Troisièmement, la mise en forme de texte est attrayante pour les périphériques. Il est vraiment difficile de sélectionner du texte avec votre doigt et puis de taper quelque chose pour le mettre en gras. Il est évident d’insérer un caractère ou deux. Si vous ne pensez pas que les claviers-écrans puissent créer de bons outils d’écritures, regardez ce type.

Faire que Markdown Devienne Mainstream

Dans le même ordre d’idées, FiftyThree (le créateur de Paper et de ma startup crush a levé un peu d’argent afin de créer la suite office du futur (une croisade opportune) -probablement pour les terminaux. J’espère qu’il la réussira et j’espère sincèrement qu’elle contiendra Markdown ou quelque chose de similaire. Est-ce que c’est fou ? Je vous le ferai savoir dans une semaine. Première expérience : je vais retirer les rollerblades à mes deux enfants non-nerds de 7 et 9 ans pour leur enseigner Markdown. Puis nous verrons. Après tout, ils utiliseront cet outil d’écriture pressenti pour être l’avenir pour leurs dissertations au lycée. Cela ne peut leur nuire de s’y mettre dès maintenant. Ils ont déjà commencé à bloguer.

Aparté : Markdown pour les Débutants

Vous ne connaissez pas Markdown ? Voici votre intro en 30 secondes. Si vous voulez en savoir plus, démarrez à la source ou essayez what is markdown ou wikipedia. Vous savez comment la plupart des traitements de texte ont un paquet de boutons pour mettre en forme (gras, titres, souligné, etc.) ? Et si vous pouviez ajouter tous ces détails de mise en forme directement dans le texte sous forme de petits codes simples, vous permettant de réfléchir à ce que vous écrivez au lieu de ce à quoi cela ressemble. C’est ça markdown. C’est un ensemble simple de conventions de textes pratiques qui peuvent être facilement traduites plus tard en mise en forme riche.

Ce sera plus facile à comprendre si vous regardez ça

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Et même mieux si vous essayez. Voici quelques-uns de mes outils préférés :

  • Markable (en ligne) Vous voulez démarrer dès maintenant ? Voici un bel éditeur dans le navigateur. Pas génial pour écrire à l’écart de toute distraction, mais un bon moyen pour voir Markdown en action.
  • Byword (pour Mac) Bon marché, magnifique, concentré et efficace. Ensemble réduit de fonctionnalités, mais parfait pour les écrivains occasionnels.
  • Ulysses III (pour Mac) Des aspirations bien plus élevées et quasiment tout y est. Parfait si vous écrivez beaucoup et si vous voulez un endroit centralisé pour tout. Plus cher.
  • Mou (pour Mac) Une option plus geek que les trois autres. Des tonnes de fonctionnalités et gratuit ! Il lui manque un paquet de fonctionnalités qui en feraient un outil extraordinaire pour écrire (Je souhaite vraiment par exemple qu’il y ait un moyen de limiter la longueur de ligne. Ceci le rend difficile à utiliser en plein-écran).
  • OmmWriter (pour Windows/Mac) Pas de support direct de Markdown, mais rien ne vous empêche de l’utiliser. Il est vraiment bon pour créer un environnement d’écriture zen et libre de toute distraction. (avec un mix d’effets sonores et un catalogue d’images en arrière-plan) et c’est mon outil préféré pour Windows.
  • MarkdownPad (pour Windows) Aussi geeky et Mou-esque dans ses fonctionnalités que dans son apparence.

Point de vue personnel (Mise à jour janvier 2015)

Après plus d’un an d’essais d’éditeurs en ligne, la question du choix de l’éditeur est toujours délicate et s’apparente au choix d’un stylo-plume… À cette heure, je suis ravi de l’expérience d’organisation de documents offerte par Ulysses III sur Mac. Pour la mise à jour de ce post et de petites notes, j’apprécie la pureté et la simplicité de Folding Text.

Pour d’autres alternatives sur les meilleurs éditeurs MacOs et IOS, Jeff Porter a publié une note en anglais sur ses préférences : The best Mac and iOS writing apps of 2012.

(Ce post pourra être remis à jour en fonction de l’actualité.)

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